On arrive au milieu de notre aventure, déjà 6 mois se sont écoulés (enfin quand on a commencé à rédiger cet article) !
Déroulement de ces 6 mois
-Octobre : Tourisme uniquement
-Novembre : tourisme et on a commencé à chercher du Travail (et Aliénor a commencé à travailler dès mi-novembre)
-de Décembre à Mars : Travail à temps partiel ( ~25h par semaine) et on visitait ou participait à des évènements sur nos jours de repos.
Pour en faciliter la lecture, pour les parties ou nos deux avis sont complémentaires, le récit de Luc est en vert et celui d’Aliénor en bleu !
Niveau de Japonais
Une des raison qui nous a amené au Japon était d’améliorer notre Japonais.
Du côté de Luc, les premières semaines, j’étais vraiment très motivé, je travaillais régulièrement, notais le nouveau vocabulaire…
En commençant à chercher du travail, je me suis aussi bien motivé pour rédiger un CV en Japonais ainsi que préparer une présentation pour les entretiens.
Travailler avec des Japonais m’a aussi obligé à devoir parler, et m’a permis de « débloquer » mon appréhension à parler.
En revanche, je me suis beaucoup moins amélioré que ce que j’espérais. En travaillant dans un restaurant, j’ai pu apprendre beaucoup de mots de vocabulaire, mais surtout lié à la cuisine… (Je ne suis pas sûr que savoir dire planche à découper, balance ou nommer les parties du poulet soit hyper utile dans la vie de tous les jours…)
Le problème vient de ma motivation qui a beaucoup diminuée après m’être rendu compte que je pouvais travailler sans problème avec mon niveau actuel…
Pour Aliénor, j’avais juste appris à la maison et pris des cours en accéléré l’été avant de partir, ça a été moins facile. Bien sûr je savais que je ne pourrais rien lire sur place mais surtout…les gens parlent vraiment vite et en fait même pour comprendre les japonais j’ai eu beaucoup de mal dès le début.
Grâce à l’aide de Luc et de sa correspondante japonaise j’ai quand même pu rédiger un CV en japonais pour préparer ma recherche de petit boulot. Au final j’ai trouvé du travail dans un restaurant avec des français et des japonais maitrisant l’anglais donc je n’ai plus eu tant besoin du japonais que ça… Avec un peu d’expérience je comprenais mêmes les demandes des clients…
A la maison de la même manière tous nos collocs parlaient anglais (du moins ceux qu’on croisait dans les espaces communs). Du coup faute de nécessité je n’ai pas du tout poursuivi mon apprentissage de la langue ! Par contre l’anglais m’est vraiment indispensable au quotidien. Je pense que partir sans le maitriser vous oblige à assurer d’autant plus en japonais !
>Donc, si jamais vous venez au Japon pour améliorer votre japonais, essayez de parler le plus possible avec les gens que vous rencontrez et à ne pas rentrer dans une routine qui vous motivera moins à travailler le japonais!
Travail
Nous avons tous les 2 travaillé dans des restaurants.
Les emplois ont été relativement facile à trouver.
Du côté de Luc, je garde un ressenti général vraiment extrêmement positif.
En France je pense que je n’aurais jamais vraiment envisagé un autre travail ou mode de vie, mais cette année étant un peu à part cela m’a donné envie de faire des expériences le plus variées possibles.
Faire un travail complètement différent de ce que je fais à France m’a permis de relativiser énormément de choses. Par exemple, j’ai plutôt toujours pensé que je n’étais pas fait pour les travaux manuels, mais en réalité travailler dans un restaurant m’a fait voir que j’arrivais à faire des tâches un peu minutieuses.
Bien que je n’ai jamais été de nature trop stressé, les premiers jours au restaurant étaient relativement stressant pour moi (j’ai beaucoup rêvé que je faisais la vaisselles les premiers jours…). Cela m’a permis de comprendre comment une situation peut être ressentie comme étant stressante (alors qu’elle ne l’est pas vraiment). C’est peut-être dû au fait que cette année est un peu à part, mais globalement, même si par rapport à mon travail en France, mon travail au Japon était moins bien payé, plus loin de mon logement, et plus fatiguant, j’ai une impression générale très positive. Je me sens vraiment content de ce que j’ai pu faire, même si c’était principalement aider à cuisiner et faire la vaisselle.
Le salaire était décent, les frais de transports remboursés et la un repas était fourni!
Pour ma part (Aliénor) j’avais des expériences de travail un peu plus variées en France. Mais étant d’un naturel plutôt anxieux l’idée de travailler dans un restaurant avec du contact client a été une grosse source de stress les premiers temps ! Surtout qu’au Japon les normes sociales qui régissent le contact entre un vendeur et un client sont assurément plus strictes qu’en France.
Au final, toute stressée que je sois, tout s’est bien passé. Et c’est devenu rapidement très valorisant d’être à l’aise dans le restaurant et de réussir à suivre le fil de la soirée sans accroc. J’ai très vite pu diversifier mes activités : préparation des plats, service, caisse et distribution de flyers, et j’ai terminé mon contrat en étant affectée au grill des brochettes. C’est assurément très gratifiant quand un client repart en te remerciant pour le bon repas (ご馳走さま でした ! « Gochisousamadeshita ! »).
Ensuite mon expérience a été plus mitigée du fait d’un patron un brin désordonné et peu prompt à gérer son stress…ce qui pouvait facilement déstructurer tout l’organisation d’une soirée. De même que les nombreuses heures d’hiver passées debout dans la rue à distribuer des flyers pour attirer les clients m’ont paru bien longues. Une pratique très japonaise pour attirer les clients. Tout Européenne que je suis ce genre de pratique me paraît plutôt intrusive et pénible mais force est de constater que c’est parfois payant ! Et j’ai parfois dû concilier avec le caractère…disons bien trempé de certains de mes collègues.
J’appréhendais beaucoup les longs trajets pour aller travailler (1h30 en comptant la marche à pied et le métro depuis le pas de notre porte jusqu’à celle de mon restaurant) et finalement je m’y suis bien adaptée, surtout parce qu’en travaillant en décalé par rapport aux horaires de bureau j’ai eu l’immense bonheur de profiter de trains peu remplis (sauf le dernier train de la soirée, toujours magiquement emplit de monde à moitié ivre)
Au final le meilleur apprentissage que j’en retire est qu’il ne faut pas hésiter à oser. Parce qu’en passant par dessus ses appréhension initiales on s’offre souvent la chance de se découvrir capable de plein de nouvelles choses !

Vie à Tokyo
La vie à Tokyo nous a paru relativement facile. Même en ayant un niveau très basique en Japonais, tout est très bien indiqué, le métro est propre et (quasiment) toujours exactement à l’heure.
Bien que n’ayant jamais été très attirés par la vie à Paris, on a vraiment apprécié ces quelques mois à Tokyo. On s’attendait à se sentir très étouffés dans cette immense mégalopole … ce ne fut pas le cas.
La vie en communauté est plus douce que celle à laquelle nous sommes habitués, dans la rue les gens gardent une distance respectueuse les uns des autres (sauf dans le métro aux heures de pointe hein) et les files d’attente sont toujours scrupuleusement respectées (voire même, dans le doute tout le monde presse son voisin de passer en premier). Le côté voyage et découverte y est sûrement pour beaucoup mais on ne s’habitue peut être jamais à voir des petits vieux nettoyer la rue où remercier les éboueurs pendant leur travail.
Tourisme
Nous avons principalement visité Tokyo pendant ces 6 mois. De manière générale il est impossible de s’ennuyer dans la ville. Quelques soit vos centres d’interêt vous trouverez quelque chose qui vous plait à faire à Tokyo ! Entre les événements régulièrement organisés aux 4 coins de la ville, les temples et lieux à visiter, les musées, les parcs… Nous avons réduit notre planning de visites l’hiver à cause du froid et parce qu’on travaillait mais nous avons toujours trouvé des choses à aller voir.
Contact avec les Japonais
Même si de nombreuses histoires circulent quand aux réactions racistes des japonais à l’égard des étrangers nous n’en avons pas fait l’expérience pendant ces 6 premiers mois. Peut-être avons nous été un peu protégés du fait de vivre dans l’environnement assez international (share-house) ?
Dans tous les cas, on ne remerciera jamais assez le japonais de la chambre voisine à la notre pour toute l’aide qu’il nous a apporté et les discussions qu’on a pu avoir !
Idem pour toutes les démarches, on s’est toujours sentis très accompagnés par les employés (marie, poste, banque, soins médicaux, …) qui n’ont jamais hésité à se donner de la peine pour nous aider!
Vie en ShareHouse
Nous appréhendions un peu la vie en communauté (partager douches et toilettes !?) avant de venir. Ce fut finalement bien plus enrichissant que pénible. Les sharehouse restent à notre sens la meilleure option pour rester à moyen terme au Japon sans perdre un bras dans son loyer et ne necessitent pas beaucoup de concessions en terme de confort. On vous en reparlera plus longuement dans un article dédié !
Réflexion sur notre mode de vie
Ces 6 premiers mois de voyage nous ont déjà amenés à nous projeter différemment dans notre façon de voir notre avenir.
La facilité avec laquelle nous avons réussit à nous créer un quotidien dans un autre pays donne forcément le courage de tenter des choses qui nous auraient parues impossibles avant. On apprend aussi à vivre avec moins, à s’adapter et on prend vite goût à découvrir sans cesse de nouvelles choses ! Ne pas travailler à plein temps nous a permis de prendre du temps pour pas mal d’autres activités (activités créatives, auto-formations sur divers sujets, ne jamais manquer de temps pour se détendre, …). Cette expérience aura probablement un impact sur la manière dont nous allons vivre dans la futur ainsi que sur nos carrières professionnelles…
Coco-19
Comment ne pas évoquer ces 6 premiers mois sans parler du Covid-19… à son apparition en Chine nous avons comme beaucoup minimisé le risque que représentait le virus. De même quand le bateau Diamond Princess a été confiné dans le port de Yokohama juste à côté de Tokyo et que les écoles japonaises ont fermé en janvier 2019 nous étions encore sereins. Quand les informations disponible sur le virus ont commencées à s’accumuler et que la France est entrée en confinement cela nous a fait prendre conscience de la situation.
Lorsque les frontières ont commencé à se fermer on s’est évidemment questionnés sur un possible retour en France anticipé. Il n’y a sûrement pas de bonne ou de mauvaise décision à prendre dans ce genre de situation mais n’étant encore qu’à la moitié de notre visa nous avons décidés de rester au Japon. Une décision évidemment plus facile à prendre quand on voyage à deux et avec une bonne réserve financière. Par mesure de précaution nous avons tout de même annulé notre voyage de 15j à venir dans plusieurs villes japonaises pour éviter de participer à l’expansion du virus. De plus, nos restaurants ne semblaient mettre en place aucune mesure de prévention si bien que nous avons presque été soulagés au moment de quitter Tokyo. Nous avons donc tout de même déménagé à Kyoto comme prévu, ce qui nous permettra de reprendre le fil de nos pérégrinations plus aisément une fois la situation calmée.
L’approche de l’éventualité d’un confinement en plein milieu de cette année de découverte favorise des sentiments contradictoires. La tristesse de devoir faire des concessions sur notre voyage et la culpabilité de s’inquiéter pour des problèmes aussi futiles que du tourisme dans une année où nous n’avons rien à perdre mais tout à gagner (?)
L’arrivée du Covid-19 nous aura donc bien appris que même en ayant planifié et organisé notre voyage en amont on est jamais à l’abri d’un changement de plan impromptu. Certes l’hypothèse d’une pandémie restait quand même assez improbable avant notre départ mais l’idée est là. Mieux vaut savoir rester souple quand on organise ce genre de projet de voyage, pour savoir mieux rebondir face aux événements impromptus qui ne manqueront pas de se dresser sur votre chemin !
S’informer
Il est forcément plus dur de bien s’informer dans un pays dont on maîtrise mal la langue. Heureusement, il existe sur les réseaux sociaux des pages d’informations en français et anglais. Voici ceux qui nous ont permis de rester à jour sur l’actualité japonaise pendant notre séjour, aussi bien pendant le typhon que durant la crise sanitaire du covid-19 :
Page Facebook Info Locales au Japon
Compte Twitter du consul de France au Japon
Dépenses
Sur place, pour vivre on a dépensé ~8500€ en 6 mois. (Tout inclus : Loyer, nourriture, transports, visites, …)
En travaillant au Japon pendant environ 4 mois, on a reçu environ 9300€ de salaire.
>On a donc mis de côté au total ~800€ pendant nos 6 mois à Tokyo.
En revanche, attention, en prenant en comptes toutes les dépenses liées au fait d’être venu au Japon (billets d’avion, assurance maladie privée, cours de Japonais, déménagement, achat de valises, …) :
on arrive à un total de dépense ~13000€
On arrive donc à un bilan négatif ~3600€ pour 6 mois au Japon.
Pensez à avoir de l’argent de côté si vous venez au Japon pour autre chose que le travail!
La suite de l’aventure
On avait prévu pas mal de tourisme, puis aller faire des WorkAway (~travail de quelques heures par jour contre hébergement et nourriture) un mois sur l’ile tropicale de Okinawa et 2 mois dans la région de Hokkaido et ses montagnes.
Mais Coronavirus oblige, on a revu nos plans pour éviter de propager le virus un peu partout.
On a donc juste déménagé à Kyoto (avant le confinement), on va y rester probablement 2-3 mois le temps de voir comment la situation évolue!
Et nos valises n’en finissent pas de maigrir, maintenant que l’on a renvoyé nos affaires d’hiver en France voici pour vous donner une idée le volume de nos bagages pour les 6 mois à venir :
Une petite valise et un sac à dos par personne !






































