L’orientation au Japon c’est tout un programme…chaque ville est séparée en districts qui sont eux mêmes séparés en quartiers puis en pâtés de maison ou les immeubles sont numérotés…en fonction de leur date de construction. Pour rajouter à cet apparent capharnaüm, pour les européens que nous sommes, les noms des rues ne sont pas affichés ! Seuls apparaissent parfois le nom des croisements…parce que oui, les croisements ont des noms ! (mais par contre on trouve pas le nom des croisements sur google maps hein)
On a déjà parlé du manque de place et de son optimisation au Japon. Mais ce dernier se reflète aussi dans la rue où les trottoirs sont quasiment inexistants dès que l’on s’éloigne des grands axes ! Dans la plupart des rues, une bande au sol délimite tout de même la zone réservée aux piétons mais il vous faudra slalomer pour la partager avec les vélos, les poteaux qui s’y trouvent et les voitures qui n’ont pas toujours la place de se croiser quand un piéton est en train de circuler.
Tout droit un trottoir…et à droite il une simple délimitation !
Notre chambre donne sur un petit parc et chaque matin de grands groupes de personnes âgées viennent y jouer au croquet ! D’autres dansent ou promènent leur chien. Au cours de nos balades on a d’ailleurs souvent vu des personnes âgées entretenir les parcs et jardins. Manque de main d’oeuvres face à une population vieillissante ? Métiers peu prisés par les jeunes ? On ne saurait identifier les causes mais une chose est sûre, ici tout le monde reste très actif, peu importe son age !
Si vous perdez quelque chose vous le retrouverez… Dans un jardin public, notre téléphone portable était tombé de la poche arrière du Jean, on s’en est rendu compte 10 ou 20 minutes plus tard. On a refait tout le chemin inverse jusqu’à retrouver le téléphone posé sur une table. Une personne l’avait trouvé sur le banc à côté, l’a posé bien en évidence, et nous a demandé si c’était le notre quand on l’a récupéré. Vous vous dite que c’est juste qu’on a eu de la chance ? En 2012, lors de mon premier séjour au Japon j’avais oublié mon porte feuille sur un comptoir d’une compagnie de car, le temps de m’en rendre compte et de revenir quelques 10aines de minutes plus tard, il était bien sûr toujours là avec des personnes qui le surveillait. Et à peu près la même histoire est arrivé à une de nos amies… Et pour finir, un autre couple d’amis en vacances à Tokyo oublient leur téléphone (cher…) sur une borne d’arcade. Une heure plus tard, le téléphone avait été déposé à l’accueil du bâtiment. (+bonus à l’histoire : en ressortant du bâtiment il pleuvait à seau, et une Japonaise qui entrait leur a donné son parapluie…)
Les japonais vont beaucoup dans les temples pour prier, ce qui nous étonne pour une population souvent décrite comme étant en grande majorité non-croyante ! Ici les religions se mélangent sans cesse, il est dur en arrivant de réussir à discriminer efficacement un temple shinto d’un temple bouddhiste et on trouve souvent les deux au même endroit ! De plus, la modernité est étrangement présente dans les lieux de cultes, on a vu des amulettes shinto ou des plaques pour adresser ses voeux aux dieux avec des personnages d’animation !
Un des nombreux ema (plaquette votive) très influencé par la culture manga que vous pouvez croiser dans les temples
Dans les éviers japonais, en lieu et place de bonde vous trouverez un filtre en plastique, souvent surmonté d’un filtre en mailles plastiques. Il semble que les japonais aient l’habitude de peler leurs aliments au dessus de l’évier, puis de retirer le filtre plastique qui part à la poubelle avec les épluchures. Cela semble pratique également pour tous les résidus de riz et d’amidon qui pourraient obstruer le siphon. Mais en terme de déchets est on encore sur un ajout qui nous semble un brin superficiel en terme utilité.
On trouve couramment de l’huile de cuisine en spray (l’huile existe aussi liquide, mais on trouve surtout celle destinée à la friture en bouteille). Il n’est pas aisé de la doser sous cette forme quand on y est pas habitué !
Les ambulances et les camions de pompiers sont équipés de mégaphones et demandent poliment aux gens de leur laisser le passage… et bien sûr il les remercient une fois qu’ils ont pu passer! (c’est pas parce qu’on est pressé pour aller sauver la vie des gens qu’ils faut pas être poli hein)
Pendant un entretien d’embauche il nous a été demandé si nous fumions, avions des tatouages ou une religion… Le CV Japonais contient le plus souvent une partie pour indiquer si l’on a des personnes à charge, un conjoint, et si on doit payer une pension (d’un précédent mariage, …). Des questions assez déroutantes pour nous ! Dernier point amusant, attention à la photo sur le CV, elle ne doit pas laisser paraitre vos dents ! Critères esthétiques différents des nôtres ou complexe, on ne sait pas d’ou vient ce manque d’amour des japonais pour les dents mais il est en tout cas du meilleur gout de ne pas les laisser paraitre ici !
Dans tous les toilettes publiques vous trouverez un bouton d’urgence à actionner en cas de problème dans la cabine…à ne pas confondre avec le bouton pour tirer la chasse donc…!
Dans les toilettes publiques tout est prévu pour les parents… Il y a systématiquement une cabine équipée avec un porte bébé et de presque toujours un endroit pour changer bébé… même dans les toilettes destinées aux hommes! (quand on vous dit que le Japon c’est le futur…ou alors c’est la France qui est encore au moyen age?)
Pour finir avec les toilettes publiques , la plupart ne proposent pas de sèche-mains ! Les japonais ont toujours une mini serviette-éponge sur eux pour pallier ce problème, il nous a suffit de faire de même ! (*joie de la mini-serviette Pokémon!*)
Le porte bébé qui se déplie, avec bien sur sa notice d’utilisation et de prévention
Changer de pays et de continent peut amener dans le quotidien moult questionnements et étonnements, voici ce qui as su nous surprendre pendant ces premières semaines à Tokyo :
Il y a du plastique partout, mais alors, vraiment PARTOUT. Tout est sur emballé, en une semaine on flingue l’équivalent d’un an d’efforts sur notre production de déchets en France. Même les fruits et légumes sont emballés dans du plastique, impossible de trouver des paquets de gâteaux qui ne soient pas en emballage individuel, … et à chaque passage en caisse on vous fournira toujours deux fois plus de sacs en plastique que nécessaire…
Il y a très peu de poubelles dans la rue au Japon ! C’est surprenant au début mais on s’en accommode finalement assez vite et on remporte ses déchets le soir chez soit. (Après tout on a toujours un sac en plastique sous la main pour les emballer…)
Il y a énormément de nourriture préparée prête à manger partout. Et il y a souvent (toujours ?) un micro onde à disposition pour chauffer la nourriture dans les supermarchés. On nous fourni d’ailleurs des baguettes en caisse si besoin ! (mais du coup on en revient toujours à plus de déchets…)
Les boites en plastiques (nourriture, oeufs, …) s’ouvrent si on ne les maintient pas fermées. Il y a toujours un scotch ou un élastique pour maintenir la boite fermée à l’achat.
Les fruits sont globalement très couteux (on a vu un melon à 20€ dans notre supermarché…et les pommes sont minimum à 1€ pièce !) et les légumes aussi pour un peu que l’on veuille manger ce dont on a l’habitude en France (coucou les tomates à 5€ les 4 !). Fort heureusement une fois qu’on se rabat sur des productions plus locales cela devient moins dramatique. On se met donc au daikon (un genre d’énorme radis blanc), au chou, à la patate douce, à la kabocha (une variété de courge) et aux champignons !
Manger dehors ne vous coûtera pas forcément un bras ici, entre les onigiri des konbini à 1,5€ max et les petits restau ou l’on peut manger pour 5€ on est jamais déçus de ne pas avoir prévu de sandwich !
Le paradis de l’emballage plastique !
Dans ce pays tout est optimisé. La problématique de l’occupation de l’espace est présente de l’intérieur des immeubles aux rues, tout est optimisé, rangé, chaque espace est exploité. On ne s’étonne plus de voir des autoroutes au dessus d’un canal ou circulent des bateaux et en travers du quel les routes permettent le passage des voitures. Le tout encadré d’immeubles. Les portails se replient en accordéon, on gare les voitures sur des nacelles mobiles, tout est repliable et compactable. Dans notre quartier, les rares personnes qui ont un jardin l’ont quasiment tous intégralement transformé en potager. Des serres viennent même s’immiscer entre les maisons autours de chez nous. Les jardins d’agrément à la française sont bien loin !
Par contre du coup on trouve très peu de trottoirs dans la rue en dehors des axes majeurs. Il vous faudra zigzaguer entre les poteaux électriques, qui eux sont légion, en prenant garde aux voitures et aux piétons !
En terme d’orientation, le nom des rues n’est quasiment jamais affiché. En revanche, il y a souvent un nom pour les grandes intersections (mais qu’on ne trouve pas sur Google Maps)
Le soleil se couche tôt. A notre départ de Lyon fin septembre les journées s’étiraient encore agréablement jusqu’à 21h. Ici c’est oublié, dès 17h le soleil se couche, à 18h il fait nuit noire. Je ne sais pas si on s’y fera mais la fatigue des journées de visite tombe d’autant plus vite en fin de journée au fur et à mesure que le ciel s’assombrit.
Pour autant, même sans soleil la vie continue. Les lieux touristiques ferment assez tôt (17-18h) mais les magasins restent ouvert tard, les Konbini (supérettes où on peut à peu près tout trouver et tout faire) sont ouverts 24h sur 24h, les magasins sont ouverts 7 jours sur 7!
Ici on parque les fumeurs ! Qu’il est appréciable de profiter de la ville sans fumée! Dans Tokyo la plupart des rues et des restaurants sont non fumeur. Les membres du club « aspirons de la fumée pour augmenter drastiquement notre risque de cancer » peuvent se retrouver dans des petits box ou des espaces aménagés dans les parcs.
Les fameux membres du club dans leur espace VIP
Les portes d’ascenseur se referment très vite si on ne garde pas appuyé le bouton pour garder les portes ouvertes. Attention donc si vous vous trimballez avec de grosses valises, ne fléchissez pas du pouce !
Pour verrouiller un loquet il faut toujours le tourner dans le sens des aiguilles d’une montre (comme pour visser), même si le montant dans lequel le loquet entre est vers la gauche.
On a l’impression que les concerts sont très cher, 50€ voire 90€ même pour des groupes pas forcément très connus…
L’organisation ici c’est une religion. Pour notre premier festival, un Hanabi (feu d’artifice) des centaines de policiers étaient monopolisés pour orienter la foule dès la sortie de la gare jusqu’à l’entrée de l’événement. Sur place, des personnes distribuaient des sacs (oui encore, pour les déchets, vous suivez ?) mais aussi des plans avec des indications : où s’asseoir sur le sol et sans dépasser 90 cm2 par personne. De manière générale il y a toujours trop de personnel pour tout ici (à la poste, la mairie ou à la banque c’est pareil, ils sont plusieurs à attendre le client partout). En tant qu’usager l’avantage c’est qu’on attend peu et on a toujours quelqu’un de disponible pour aider. Et cela explique sûrement le taux de chômage si faible dans le pays.