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Le Typhon Sumo de la mort

Vous ne l’avez peut être pas raté dans l’actualité de ce mois d’octobre 2019 mais un gros typhon est passé sur Tokyo : Hagibis.
La question cruciale est donc sur toutes les lèvres… c’est quelle heure chez vous ? ça fait quoi de vivre un typhon au Japon ?

Le joli petit petit…oui en dessous c’est bien le Japon !

Etape 1 : les courses

Vivre un typhon, c’est suivre les recommandations. Et ça, les recommandations, les japonais en ont toujours plein en réserve ! Du coup on est allés faire des provisions de bouffe, préférentiellement de la nourriture qui se mange même si on a plus d’électricité.
La menace principale pour ton confort quand un typhon survient étant les coupures d’électricité qui peuvent parfois perdurer des jours après le sinistre.
Bon, et les inondations aussi.
Et les glissements de terrain.
Et…
Donc nous voici frais et pimpants, dans notre supermarché préféré (le plus proche de chez nous quoi) et là, la déconfiture fut grande. Parce qu’évidement tout le monde avait eu la même idée. Les rayons stratégiques (eau en bouteille, nouilles, piles, lampes, …) étaient déjà bien dégarnis et il nous a fallu pas moins d’une heure d’attente pour atteindre la caisse.
Mais voilà nous étions prêts, avec de quoi manger et boire en cas de fin du monde !

Etape 2 : l’attente

Bon ben oui, c’est pas bien épique. Mais du coup le jour même tu passes ton temps à guetter par la fenêtre (scoop alert : il pleut), à actualiser la page qui relais les infos locales en français sur facebook (et ça ça fait un peu peur) et essayer de déchiffrer quelques mots des annonces des hauts parleurs de la ville.
On semble un peu éluder la pluie mais il est tombé en 24h l’équivalent d’un an de pluie sur Paris, le chiffre a au mieux l’intérêt d’être impressionnant.

Les recommandations sont simples en amont du passage du typhon : limiter au maximum les déplacements à l’extérieur, sécuriser les abords de la maison en rangeant ce qui traine et se préparer à fermer les volets une fois que le vent commence à se lever. En cas de nécessité d’évacuation il est important de sortir de son habitation avant que le vent ne soit trop fort, ou en cas d’inondation, avant que l’eau n’atteigne les genoux. En gros le mot d’ordre est anticipation !

Etape 3 : le typhon

A 21h heure de Tokyo le typhon est au dessus de nous. Cela faisait déjà plusieurs heures que les volets étaient fermés et qu’on ne voyait plus à l’extérieur. Pour ajouter un peu à la dimension dramatique de l’événement, un léger petit tremblement de terre s’est fait ressentir!
Pour le reste, la fin du monde annoncée fut finalement assez nuancée pour nous. La soirée fut surtout rythmée par les sonneries des téléphones de nos colocataires possédant un numéro japonais: chaque niveau d’alerte déclenchait une notification stridente, que le portable soit en mode silencieux ou non. Tous les étrangers de la résidence convergeaient alors vers notre formidable seul coloc japonais qui parle bien anglais, et qui traduisait patiemment les alertes.
A 22h les murs tremblaient sous les coups du vent qui se déchainait dehors, mais la résidence, bien récente, n’a pas bougé d’un pouce… jusqu’à quelques heures plus tard où nous n’avons plus eu d’électricité.
Mais évidemment, les japonais ont tout prévu, dans le couloir il y avait des lumières de secours (sur batterie?) qui ont tenu encore quelques heures.
Voilà qui sonna le glas de cette journée finalement assez pauvre en événements !

Etape 4 : l’après typhon

Et bien on ne voudrais pas vous décevoir mais à notre réveil le lendemain il persistait à peine une flaque et trois feuilles mortes éparpillées dans le parc sur lequel donne notre fenêtre.
L’électricité était revenue pendant la nuit.
Sur Tokyo les effets secondaires au passage du typhon furent peu marqués, quelques très légères modifications dans les transports en communs tout au plus.
Il n’en fut malheureusement pas de mêmes pour tout le monde au japon, certaines régions étant encore inondées au moment où nous écrivons (10 jours plus tard)….

Tokyo 1 – 0 Hagibis